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deadline

Deadline, la limite

Un voile sur les pensées dévoile mon visage
Mes propres limites intérieures et épidermiques
Où étais-je à ce moment là ?
A ma place ?
N'est-elle définie que par mon corps ?
En un lieu ; quelque part ; un lit, une chambre, un immeuble, une rue, un quartier, un pays
Jusqu’où ? En poupées russes / En cercles concentriques
Où en étais-je ?
Je suis arrivée dans une ville sans amis et sans suite
Avec une valise et mon chien
Dans ce grand espace trop blanc et trop vide
Ce lit, si froid, froissé, imbu de lui-même par son 100% COTON et son 0% d'humain
Mon corps déserté se promenait  dans cet univers
Comme l'atome se ballade dans la matière
J'étais le sujet de l'appartement
Et la matière de mes propres angoisses
Les murs ont dessiné des scènes de théâtre
Mon corps était coulisses et ma tête, tous les personnages.
Que représentent ces espaces ?
"Fais le ménage dans ta chambre, tu feras le ménage dans ta tête" me disait ma mère quand j'étais petite
Comme si la périphérie avait fusionné avec ma solitude
Une solitude solennelle
D'où vient le danger ? De moi-même
Je me suis mortellement vitale

Cette série de photo est ce conte sans histoire
Aux couleurs de la blancheur de la mort et du sombre de mes frontières
Une non histoire sans héros et sans sous-titre
Une légère légende sans trame ni magie
Juste le fragment d’un moment
Seul l’appareil photo fut le témoin discret, muet. Témoin sourd. Mais un œil. Mon Oeil

Et je m'invente une vie en m'endormant
Le songe me crée celle que je ne suis pas ou trop, ou pas encore
Les gestes, les regards, les attitudes, le tout de mon moi profond errent en moi
Ici et maintenant ou encore ailleurs
Tout est faux
Sauf la mort
Présence irrévocable en soi et de l’autre côté de soi
La ligne sera franchie
Les limites dépassées

Quand les voiles s'envoleront
Quand le rideau tombera